Journal intime d'Ohz

Cette histoire est entièrement vraie puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre, disait Boris Vian.

07 janvier 2009

Index Partie 1

Lexique:

Amethyste
Bat des Ailes
Düune
Estelleïthian
Fëalaureïllian
Hïje
Homme au puma (l')
Nucialine
Ohz
Orgues a Rêves
Papillons Translucides (les)
Phylida
Tiliäçiobhan
Xezbetha (Nymphe)

Posté par Etre_humain à 01:59 - H.S. 2 - Index - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

1998 - Mercredi 14 Octobre

P1100205ssf

.

   Je joue du piano, façade relevée pour absorber de plein fouet les multitudes de sonorités que produit l'instrument. Il fait déjà sombre alors que la soirée n'a même pas débutée, mais je ne m'en aperçois pas car j'ai les yeux fermés. Je joue. Plaquant des accords, arpégeant des gammes, je décris à mon tendre ami, ma journée. Je produit identiquement les sensations de la journée en jouant sur les couplages de notes. Je retranscrit avec un maximum de fidélité les sensations que j'ai ressenti cet après-midi. Mon instrument me répond avec enchantement et m'invite a poursuivre mon histoire:

   J'ai croisé une jeune fille, une très belle humaine, qui aime se faire appeler Viou. Une sonorité étrange, qui parait complètement étrangère et déstabilisant. Pourtant, il n'y a pas que cette particularité qui m'a charmé chez elle. Tout son être, son comportement, sa manière de sourire, de parler, de regarder, m'intriguait, et me plaisait. Nous étions au complexe sportif, à regarder un match de hand, et elle se tenait à environ 10 mètres de moi, légèrement devant. Du haut des gradins du fond, je la contemplait et oubliait complètement le match. C'est l'ami qui m'accompagnait qui m'a révélé son étrange nom...

   Bref, il ne se passa rien de plus, je n'alla jamais lui parler, et dès qu'elle fit mine de se tourner dans ma direction, je l'ignora, et détourna mon regard. Je ne voulais pas en savoir plus sachant que j'étais persuadé que je serais déçu en tentant d'en apprendre plus sur elle. Et puis surtout, je n'ai que 13 ans. Je suis un gamin, je ne sais pas m'adresser au filles...

   Le piano rétorque d'une telle vibration qu'il fausse complètement mon ré dièse et me déstabilise au point d'avoir un instant d'hésitation avant de continuer. J'entame alors des excuses et lui explique que je préfère être seul, je préfère conserver le rêve, et poursuivre mes histoires dans cet esprit, avec cette Viou. Mon journal intime sonore poursuit son entêtement à ne pas comprendre et j'arrête d'un coup sec de jouer. C'est le seul moyen que je trouve pour le faire taire. Il ne comprend pas que je n'aime pas la vie. Je n'aime pas les couleurs, les contacts, les échanges. Mais je déteste aussi la mort, le vide, et le néant. Je suis misanthrope et je suis un rêveur.

   Par des craquements de bois, je comprends que mon ami de toujours me supplie de lui rendre la parole. Il change de discours et me parle d'une telle force que je n'ai qu'à plaquer un accord, pour qu'il use d'une infinité de distorsions et m'inculquer sa vision. Il me réclame LA parole. Je m'exécute et je tapote à 92 à la noire des croches de sol au centre du clavier, pour être le moins influent possible dans ses propos. De toute sa puissance, il hurle à la vie, à la lumière et à la liberté.

   Je connais ces incantations. Il a imposé mon silence plus d'une fois pour me mettre en transe, et atteindre un nouveau niveau de dialogue. Il va me faire apparaître par visions, des images et des émotions pour me transmettre ses pensées. C'est ainsi qu'il procède lorsqu'il désire me faire entendre par les Esprits. Enfin c'est ce que je crois, car c'est difficile d'interpréter, de comprendre...

   Mon piano me recouvre, m'enduit, applique avec patience et précision une protection. Une protection pour ne pas devenir fou, une barrière pour conserver mon corps humain, et ne pas m'envoler dans les méandre de la folie. Car lorsqu'on entre en transe, on est tenté de rejoindre les Êtres de Lumière. Tout parait si beau, chez eux... Mais ils semblent si éloignés... Au delà des montagnes, des océans, des planètes, des galaxies... Au delà des étoiles...

    Et la, elle transperce le monde.
   Elle traverse mon piano comme s'il n'était fait que de brume. Elle marche droit devant elle, battant lentement de ses ailes de fées. Elle s'approche de moi lentement, s'avance dans ma direction avec douceur en me fixant de ses yeux noisettes. Elle brise mes rêves les plus fou, me paralyse, contredit toutes mes théories et écrase complètement ma manière de voir le monde.

   Une fée se tient là. Debout sur le clavier de mon journal intime. Ailes repliées, elle me contemple. Un être hors du commun, que je n'arrive pas à identifier. elle n'est ni un animal, ni un végétal, ni une humaine, ni une pierre, ni un piano... Nue, a la crinière blonde, elle me révele son nom: Estelleïthian.

   Hypnotysé par sa présence, je l'écoute s'adresser à moi dans la même langue que mon intime piano. Elle me raconte son histoire.

Posté par Etre_humain à 01:55 - II - Passé - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

IMG_5679sf

Posté par Etre_humain à 01:54 - III - Présent - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Mythologie - partie 1

   A l'origine, l'univers était vide de presque tout. Et dans cette immensité noire et silencieuse, un esprit se développa. Une entité omniprésente nacquis: Hïje, le dieux des dieux.

   En fait, il était là depuis toujours, ce qui ne signifiait rien vu que le temps n'existait pas. Il méditait et il pensait car il n'y avait que spiritualité, et rien d'autre. Hïje était autonome et murissait seul. Et alors sa sagesse devint si grande qu'il découvrit la matière.

   A l'instant zéro, qui était aussi une éternité, il aperçu face a lui, une bille. Une bille minuscule, plus petite qu'un quarks, mais qui contenait tout. Qui contenait énergie et matière. Qui possédait vie et mort. Il l'a regarda avec étonnement car il n'avait jamais vu de matière, et au moment où il la toucha, ce fut l'explosion, le big bang.

   Le souffle déchiqueta Hïje en milliards de grains de poussière. Une poussière spirituelle dont chaque particule devint ainsi des divinités uniques. Elles s'insinuèrent dans la matière qui, avec l'expansion de l'univers, format des soleils, des planètes, des météores, et d'infinies autres objets célestes.

   Au bout d'un moment, les forces monstrueuses finirent par s'équilibrer en se regroupant par galaxies.

   Mais Il y eu un problème, une erreur. Une planète contenait deux soeurs jumelles: Xezbetha et Gaïa. Malgrès leur fraternité commune, et leur amitié indestructible, leurs forces ne pouvaient que s'opposer. Des tremblements de terre, des torrents de lave, et des vents de folie secouèrent la planète de manière incontrolable pendant de milliers d'années, jusqu'a ce qu'il y eu cette explosion effroyable: un morceau gigantesque se détacha de la planète et s'y plaça en orbite. Elle devint la Lune, habitée par Xezbetha, qui se sacrifia pour que Gaïa puisse ainsi occuper complètement ce qui devint la Terre.

   Alors qu'il faut rassembler les milliards de divinités pour retrouver la puissance d'Hïje et la possibilité de créer la matière a l'echelle du macrocosmos, il est possible que la simple union de deux simples nymphes puissent à peine, mais juste ce qu'il faut, avoir la possibilité d'influencer les atomes. Xezbetha et Gaïa decidèrent ensemble de créer quelque chose qui scellerai pour de bon leur amitié et prouver a elle-même qu'elles ne sont pas des destructrices de monde.

   En unissant leurs forces, une étincelle de vie naissa dans un océan encore tout jeune. Avec persévérance, cette vie se développa et devint autonome, et les nymphes se félicitèrent de leurs efforts. Mais cela les avait incroyablement affaiblit et l'évolution se poursuivit sans aucune maitrise. Alors Gaïa prit en main la spiritualité et l'intelligence qui voyaient le jour dans les êtres vivants, et Xezbetha s'occupa de la conscience et de l'intuition qui enveloppaient et guidaient leurs sens.

Posté par Etre_humain à 01:53 - I - Mythologie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

2008 - Lundi 1er Septembre

Reveil.

"Mmh, il est quel heure? demande Estelleïthian, grimaçant...
- 4h45, répondis-je.
- Tu vas où?
- Travailler."

Elle se rendort. Je la recueille au creux de ma main et l'emporte avec moi. Je descend les 106 marches de mon immeuble et déboule dans la rue completement déserte. Même au milieu de la nuit, on ne peut voir les étoiles, d'ici...

Je monte dans la voiture, met un peu de chauffage, et de la musique. Estelleïthian s'installe confortablement contre mon cou, elle fait son petit nid et se rendors paisiblement.

Et c'est partit pour 400 km. C'est en arrivant a peu près au niveau de Toulouse que le jour commence a se lever. Il est paisible de regarder le paysage défiler. Se vider l'esprit, écouter le ronronnement du moteur, sentir sa petite fée contre soi, observer la lune qui nous suit toujours, mais qui prend bien garde de conserver ses distances... Amethyste avait raison, lui courir après, c'est comme chercher un trésor au pied d'un arc-en-ciel...

J'arrive au pied du totem de métal a neuf heures pétante. Il est solidement ancré dans le sol. Mon job du jour: l'arracher et le poser 1m plus loin. Pour cela on me file balisage CF24, une grue de 16 tonnes et un intérimaire. Pour ceux qui aiment les détails, ca se passe a Merens-Les-Vals, dans l'Ariège.

Première étape, chair contre métal. On dévisse, on tape, on cogne, on pousse, on tord...
Seconde étape, raccordement électrique. Petite décharge de 100V continu dans les doigts, rien de bien méchant. Mais le 230V alternatif, on fait plus gaffe. La base de mon job.
Troisième étape, réglage, jalonnage, mesurage, voila que je m'improvise géomètre. Je calcule la diagonale du cube: 21 mètres.

Onze heures apparait, la grue disparait.
Midi apparait, le balisage disparait.
Treize heures apparait, l'intérimaire disparait.

J'appuie sur des boutons, puis je compte les nuages. Coup de téléphone, et encore des boutons. Puis je compte les montagnes...

Le temps passe et nous discutons Estel et moi, sous la pluie qui nous inonde. Mais pas le choix, j'ai un poste a ne pas lacher. Je surveille les inscriptions gravés sur la paroi du totem. Elles brillent d'un doux bleuté. Je ne comprend pas ce langage, et ma fée n'ont plus on dirait... Mais elle me cache souvent des choses ^^

16h. Premier éclair.
18h30. Trentième éclair. C'est bon, on peut remballer.

Et c'est partit pour 400 km. C'est en arrivant a peu près au niveau de Toulouse que le jour commence a se coucher. La pluie est si forte sur le chemin du retour qu'on ne perçoit plus les bandes blanches au sol. Obligé de se repérer avec les truc reflechissant sur les glissières. Je m'arrete a une station d'autoroute "bon sans c'est plus de l'aquaplanning, c'est du surf !"... Mes roues sont très usées.

A 23h, Phy m'attendait, morte d'inquiétude. Après être rassurée de me voir sain et sauf, elle me montre sa petite dernière: un minuscule papillon violet avait trouvé sa place sur le bord de son oreille gauche... Bonjour toi !

Posté par Etre_humain à 01:43 - III - Présent - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

1990 - Mercredi 17 Janvier

   "Maman, aide-moi à mourir"...

   Il parait que j'ai prononcé ces mots mais je m'en souviens plus. J'ai 5 ans et je suis pas bien. Je comprends pas les gens, j'ai l'impression qu'ils me parlent dans une autre langue... Je comprend le français et pourtant, j'arrive pas. Alors je me roule en boule et je "plonge".

   Plonger, c'est quand tu regardes le motif d'un tissu, ou le dessin dans une bd, et tu la regarde de près, de très près, encore plus près, et dans ta tête tu essaye d'imaginer qui la dessiné, comment il l'a fait, pourquoi il a fait ca, comment il a eu l'idée. Tu regardes le moindre détail, tu identifies les erreurs humaines ou la précision de la machine qui a fait ca... Et quand tu lève les yeux, il s'est écoulé des heures.

   Mais y'a autre chose où j'aime plonger aussi, c'est dans le Beethoven de ma maman. Ma maman sait jouer la Lettre a Elise et aussi du ragtime au piano... Alors je l'écoute. Je m'assoi par terre, et je me roule en boule et je m'endors. Je fais des rêves où je suis un espion. Non pas le super héros surarmé comme james bond, mais plutot un agent double, qui utilise des technologies de pointes pour communiquer avec des aliens, sme alliés, pour surveiller si tout va bien sur la terre. Des fois j'oublie si je suis un être humain qui travaille pour les aliens, ou si je suis alien déguisé... Et des fois je me pose meme plus la question.

   Pour reprendre de l'énergie, j'enfonce le bracelet de ma montre sous mon ongle. Ca me fait du bien. Ca brule, ca pique, c'est agréable... Au bout d'un moment je sens comme des fourmis sous ma peau, et alors c'est la que je me recharge le plus. Dès que ca fait trop mal ou que je saigne, je m'arrete, car ca devient une blessure, et une blessure ca enlève l'énergie.

Posté par Etre_humain à 01:38 - II - Passé - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]